Taranis : Réunion intercollectifs du Morbihan
Parmi les missions du pôle Energie et Climat de Clim’actions Bretagne figure l’animation locale du réseau Taranis, relais Breton du réseau national Energie Partagée, dédié aux Energies renouvelables citoyennes (EnRc). Le Morbihan compte plusieurs collectifs citoyens produisant de l’électricité grâce à des centrales solaires généralement installées sur toiture. Parmi eux, OnCimé à Lorient, Lucioles Energies à Etel et Senhelios à Vannes, se sont réunis le 02 octobre, pour réfléchir collectivement aux réponses possibles pour aborder sereinement le passage à l’ACC (Auto Consommation Collective) et la fin programmée des subventions publiques. Cette journée, à l’initiative de Clim’actions Bretagne et Aloen, a été animée par les deux relais locaux du Morbihan, Bruno Livory et Aymeric Belloir.
Jusqu’à présent, les coopératives citoyennes de production pouvaient compter sur un dispositif permettant de revendre pendant 20 ans, la totalité de leur production à EDF Obligation d’Achat (EDF OA) à un tarif défini par décret. Ce dispositif a été progressivement ralenti et, s’il est encore en vigueur, le tarif de rachat établi à 1c€/kWh n’offre plus aucune perspective de rentabilité.
Dès lors, les petites installations solaires (<100 kWc) se tournent vers l’autoconsommation collective (ACC) pour donner à leur production électrique la possibilité de générer des revenus. Ce dispositif permet de proposer à des particuliers ou des professionnels situés dans un périmètre défini autour de l’installation (en général 2 km), un contrat de fourniture d’électricité venant en complément de celui de leur fournisseur habituel. Cela permet de consommer une production locale, et de garantir un tarif stable et décorrélé du marché pendant la durée de vie de la centrale (environ 25 ans).
Mais l’organisation d’une boucle ACC génère pour les petites coopératives citoyennes des opérations commerciales et administratives qu’elles ne portaient pas jusque-là. Les structures morbihannaises sont dépourvues de salariés et opèrent grâce à l’énergie et la bonne humeur de leurs bénévoles. Ce nouveau modèle oblige donc à réfléchir à de nouveaux modes d’organisation, explorer les mutualisations possibles entre collectifs, discerner les méthodes efficaces pour faire beaucoup avec peu. Cette journée du 02 octobre a permis d’échanger sur les pratiques des uns et des autres, sur les freins et sur les perspectives. Toutes les questions n’ont pas trouvé leurs réponses, mais le simple fait d’en parler et de les poser sur la table, entre collectifs usant de méthodes ou de modèles différents, aura permis sans aucun doute d’avancer collectivement vers les solutions.

