Enquête publique sur le projet de raccordement des éoliennes flottantes Sud Bretagne
Clim’actions Bretagne a déposé une contribution
Dans le cadre du projet de raccordement électrique des éoliennes flottantes au Sud de la Bretagne, une enquête publique s’est déroulée du 17 août au 28 septembre 2026. Le groupe Energies et Climat de Clim’actions Bretagne a déposé une contribution le 17 septembre dernier.

La contribution de Clim’actions Bretagne
La période de vagues de chaleur caniculaires de plus de 50 jours que nous venons de subir cet été 2026 crédibilise de façon brutale les alertes, émises par les scientifiques depuis des années, sur les conséquences du changement climatique à l’œuvre du fait de nos activités humaines.
Une des principales sources d’émissions de gaz à effet de serre en France est le secteur énergétique toujours dominé par les énergies fossiles. Notre premier levier est celui de la sobriété : Il est urgent de réduire notre consommation d’énergie globale. Parallèlement, nous devons profiter des meilleurs rendements des moteurs électriques et pour cela électrifier une grande partie des usages restant. Cela implique également de produire localement une électricité décarbonée résiliente et en quantité suffisante à tout moment et en toute zone du territoire. Cela passe par un mix énergétique composé en grande partie d’énergies renouvelables, incluant des productions centralisées (grandes centrales) et décentralisées (petites centrales) réparties sur tout le pays, ville, campagne et océans compris. Rappelons ici la forte dépendance énergétique de la Bretagne souvent qualifiée de presqu’ile énergétique.
Comme Clim’actions Bretagne le montre dans la note de positionnement jointe à ce texte, l’éolien offshore est, en Bretagne, particulièrement adapté à cette problématique (mix décarboné, puissance installée importante, énergie économiquement compétitive, délais de construction relativement courts, moindre impact environnemental et paysager, etc.). Le projet éolien Bretagne Sud est particulièrement bien placé sur le réseau électrique breton pour répondre à la demande locale résidentielle et industrielle, soutenir le réseau et limiter les pertes en ligne liées au transport longue distance.
Ce projet de raccordement électrique mutualisé vient compléter les projets de parcs éoliens offshores prévus (250 MW + 500 MW) ; il est indissociable des parcs, ces derniers ne pouvant fonctionner sans le raccordement et ce raccordement devenant inutile sans les parcs.
Clim’actions est donc globalement favorable au projet qui correspond bien aux urgences climatiques. Le détail du projet tel qu’il est présenté dans le dossier nous amène quelques commentaires, interrogations et propositions :
- Le planning prévoit les mises en service des parcs éoliens fin 2031 et fin 2032. La mise en service des installations de raccordement mutualisé est prévue pour 2030. RTE prévoit d’investir et de construire simultanément les 3 lignes d’évacuation, sans phasage, ce qui permet de simplifier les travaux et de limiter leur impact aussi bien sur l’environnement que sur les activités humaines.
- Néanmoins nous attirons l’attention sur les différentes remarques et faiblesses de l’étude d’impact pointées par les autorités environnementales (IGEDD, OFB et CNPN) et invitons RTE à les prendre en compte pour améliorer la prise en compte des enjeux écologiques.
- Par ailleurs, parmi les techniques constructives de la plateforme fixe du poste électrique en mer la possibilité d’une plateforme gravitaire en béton n’a pas du tout été envisagée. A priori, il nous semble pourtant que cela augmenterait sa durabilité, limiterait les coûts de maintenance et les impacts sur l’environnement au niveau du sol (pas de pieux) et en cours d’exploitation : pas ou moins besoin de protection cathodique donc moins ou pas de largage d’aluminium dans la mer.
- Le choix de l’option A pour le tracé des lignes enterrées jusqu’au poste de raccordement n’appelle pas de commentaire de notre part. le choix de la technique de forage dirigé pour la traversée des zones sensibles ou protégées limitera les impacts.
- Le risque canicule apparaît extrêmement minimisé : « même si le département est susceptible, du fait du changement climatique, d‘être concerné par ces phénomènes caniculaires dans les années à venir, ces évènements restent toutefois peu fréquents et constituent des évènements uniquement épisodiques (quelques jours) en Bretagne ». Bien que le rapport ait certainement été écrit avant l’épisode de vague de chaleur- canicule de cet été 2026 (plus de 50 jours), les commentaires des météorologues sur le fait que ce phénomène risque de se reproduire -y compris en Bretagne- tous les étés avec des températures encore supérieures dans les décennies à venir devrait conduire les Maîtres d’Ouvrage à réévaluer ce risque pour tous leurs ouvrages : systèmes de refroidissement bien sûr, mais également dilatation des ouvrages quels qu’ils soient, y compris les câbles enterrés, peu impactés en cas de canicule de quelques jours mais potentiellement très impactés en cas de canicule de 2 mois. Nous recommandons de revoir les températures de calcul et les conséquences sur le projet. Cela conduirait-il par exemple à enterrer les câbles plus profondément que prévu ?
- L’impact paysager côté mer est limité par la distance à la côte selon les photomontages présentés dans le dossier. Côté tracé terrestre, l’impact paysager est nul compte tenu de l’ensouillage des lignes d’évacuation. Le poste électrique de raccordement impacte le paysage, mais cet impact est limité par la proximité avec le premier poste et les lignes électriques aériennes. Notons que le changement climatique se chargera de modifier profondément les paysages dans les 3 prochaines décennies avec la montée des eaux, le retrait du trait de côte, le changement de végétation, et les conséquences physiques des tempêtes, vagues submersions et incendies d’espaces naturels.
- Nous avons noté que le Maître d’Ouvrage s’engage à compenser les linéaires de haies coupées dans le cadre du projet par la création d’ensembles boisés. Trois typologies de plantations sont proposées : linéaire bocager, bosquet, projet agro-forestier. Clim’actions Bretagne, qui a développé plusieurs programmes de plantations d’arbres, de haies bocagères et de vergers reconnus sur le territoire, par la région Bretagne et l’Europe, recommande que ces mesures de plantations permettent d’impliquer les citoyens dans ces projets de plantations et leurs suivis de croissance.
Les éoliennes en mer : un vrai atout pour le climat… et pour la Bretagne !
En 2025, le groupe Energies et Climat de Clim’actions Bretagne a rédigé une note de positionnement sur les éoliennes en mer.

