A la rencontre d’un api-vigneron breton
Clim’actions Bretagne part à la rencontre des initiatives locales en faveur de l’environnement. Loïc FOURURE valorise la biodiversité pour créer des vins biologiques dans un esprit familial et respectueux de l’environnement, en Bretagne.
Fin septembre, Pauline Albero, animatrice et médiatrice scientifique, accompagnée de bénévoles de l’association, Christian, Nathanaëlle, Bénédicte, Jacques et Coralie se sont rendu.e.s à Roz en since, dans la commune de Theix-Noyalo pour visiter des vignes pas comme les autres. Depuis 2021, Loïc et sa famille ont planté un peu plus de 5 ha de vignes sur les anciens coteaux du Golfe du Morbihan et créé La Vigne et l’Abeille.
Comme toutes les plantes et cultures, la vigne est impactée par les changements climatiques. La tendance est de migrer vers le nord, alors vignes, oliviers, abricotiers arrivent en Bretagne !

Un viticulteur soucieux de l’environnement
Loïc fait partie des premiers viticulteurs à s’installer dans la région. Sa vision de la viticulture est très éloignée de l’agriculture traditionnelle et des producteurs conventionnels de vins. La sélection des vignes est une sélection massale, ce qui signifie, contrairement au clonage traditionnel, qu’il y a une diversité de plants. Celle-ci apporte aux vignes une résistance aux maladies potentielles et surtout à leur propagation. Ainsi, Loïc n’applique que des traitements préventifs : à base d’eau de mer et d’algues brunes finistériennes pour protéger ses cultures, des traitements au soufre et au cuivre et à l’argile blanche, lessivables rapidement.
Le travail sur la vigne est réalisé à la main : taille, ébourgeonnement et vendange. Seul le travail du sol requiert des engins mécaniques motorisés. Loïc est catégorique sur l’absence d’arrosage de ses vignes, même avec les épisodes de sécheresse, il veut laisser les racines se développer en profondeur pour chercher la fraîcheur. L’adaptation des végétaux est cruciale dans le contexte climatique actuel.
Dans ses vignes, la biodiversité est partout. On peut apercevoir des nichoirs à mésanges et des abris pour les chauves-souris. On trouve plusieurs porte-greffes dans une même parcelle, des haies mellifères pour séparer les parcelles et les différents cépages (savagnin, chenin, pinot noir, pinot d’aunis, chardonnay). Les haies d’arbres fruitiers, en plus d’ajouter une valeur de diversité, protègent les cultures du gel et des rafales de vent trop importantes.
Loïc travaille également avec le CNRS et l’Université Rennes 2 et dispose d’une station météo de pointe pour surveiller et comptabiliser les pluies. Il met en avant le soin du sol qui est nourrie par la matière organique et l’azote résultant du broyat de la taille des vignes et par le couvert végétal diversifié planté sur certaines parcelles vides de cultures qui deviendront peut-être des plantations d’oliviers dans les années à venir.
Après une marche dans les vignes, le groupe de Clim’actions Bretagne s’est rendu dans le chai pour découvrir le lieu de transformation des raisins en vin ! Loïc produit un vin minéral. Il ne presse pas le raisin, il le “masse” pendant 6 heures pour limiter la quantité de matière végétale tout en favorisant l’extraction de peptides, des conservateurs naturellement présents qui limitent l’ajout de sulfites. Les bénévoles ont ensuite eu la chance de goûter 4 vins de 2025 : Les pieds dans l’eau, Racine, 756 et Statice, trois blancs et un clairet. Chacun a élu son vin préféré mais personne n’a recraché !
C’est tout vu pour la vigne, mais qu’en est-il de l’abeille ? Loïc et sa famille possèdent 30 ruches qui sont implantées à Grand Champ. Les abeilles profitent des plaines fleuries et de la forêt plus au nord pour produire un miel riche. Mais quand les haies mellifères des vignes seront assez développées, elles pourront rejoindre le vignoble.


